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samedi 8 janvier 2011

Que janvier sonne le glas...

Difficile de faire de l'humour lorsque notre tête se remet d'un foie alcoolisé et d'un organisme qui accumule les toxines. En plus, tout ce qui abreuve notre intellect du quotidien se compose de diverses revues de l'année, des tops et des flops et de récapitulations de toutes sortes, sans compter l'humour politique (je ne sais pour vous, mais pour moi l'humour politique possède la musicalité d'un grattement d'ongles sur un tableau).

Mais je ne peux pas déroger à la règle, en tant que média social, j'ai le devoir, que dire, l'immense responsabilité, de dresser un bilan exhaustif du pire et du meilleur. Voici donc les différents prix décernés aux petits riens de la vie (musique d'accordéon) :

Pire expression de l'année : Douchebag
Telle une épidémie, l'expression douchebag s'est niché au fond de nos gorges. Lors de soirées regroupant plus de deux personnes, ce mot forme une trame sonore des plus moqueuse. Maintenant, pourquoi est-ce la pire expression de l'année :
- Parce qu'elle nous a permis de découvrir cette nouvelle espèce
- Parce que toute découverte d'une nouvelle espèce provoque la curiosité et donc une attention toute particulière dédiée à cette espèce
- Parce que cette espèce n'est pas en voie d'extinction
- Parce que le fait de nommer, d'analyser et de décortiquer les comportements de cette nouvelle espèce ne l'empêche pas d'en avoir rien à foutre et de continuer à fréquenter les salons de bronzage en toute quiétude
- Parce que cette chasse aux douchebags m'empêche de vivre à fond mon amour des tigres, des dragons et des têtes de mort.

Bon.

Meilleure expression de l'année : Epic


J'adore cette expression, tout est devenu épique, un baiser entre deux personnages de télévision, un voyage à Shawinigan, une longue séance de Sims 2 et j'en passe. Ne trouvez-vous pas que la vie prend une dimension spectaculaire lorsque notre journée comprend au moins trois moments épiques ? D'ailleurs si l'un d'entre vous m'écris : "Dans ton titre, pourquoi épique est en anglais ?"
R: Parce que c'est plus épique ainsi.

La beauté d'epic, c'est qu'il est très ouvert à la subjectivité.

Produit commercial raté de l'année : La collection de vernis à ongles de Justin Bieber


Car bien sûr, tout le monde rêve d'avoir les ongles de Justin Bieber...

Le deuil le plus neutre de l'année : Forum international des cultures


1) Reg le voulait
2) Reg a fait une entente avec Amman pour que les deux villes soient gagnantes (Yé !!)
3) Les habitants de Québec avaient les yeux rivés sur un nouvel amphithéâtre
4) Kiss ne pouvait pas se libérer pour le forum des cultures
5) Le lancement de navette spatiale prévu par Reg pour inaugurer le forum ne pouvait se faire.
6) Montréal se fichait un peu de notre obtention du forum des cultures et sans jalousie...
7) Reg trouvait que l'évènement manquait un peu de panache
8) L'évènement fut annulé dans l'indifférence générale

La perte tragique de l'année : Leslie Nielsen


Portant fièrement les cheveux blancs depuis les confins de ma mémoire et l'ayant vu maintes fois survivre à des accidents atroces dans Naked Gun, je croyais le type immortel. Une fois de plus, la vie nous renvoie notre vulnérabilité au visage.

L'évènement médiatique le plus oublié de l'année : Le tremblement de terre en Haïti


Des dizaines de collectes et de levées de fonds plus tard, le tremblement de terre en Haïti a cédé la place à la corruption gouvernementale. Come on gang ! L'attention médiatique devrait ressembler à la gestion d'une salle de classe, on met l'enfant turbulent dans le coin et on se concentre sur les élèves en difficulté.

Les éléments en perte de vitesse de l'année : 
- Les emos
- Les blagues de bébés morts
- La vente de Walkman
- La grippe H1N1
- Les articles de ce blog (sorry !)


Ce qui fut in en 2010 : 
- Le ipad
- Les vampires
- Porter la moustache en novembre
- La procrastination sur Youtube
- Tout ce que je porte...naturellement
- La bonne vieille grippe (parait qu'elle est mauvaise cette année)


Bonne année à tous !!

dimanche 5 décembre 2010

Onomastique aiguë

Dieu du Ciel ! La liste exhaustive de mes affections ne cesse de s'allonger (Et je ne parle pas de vous guys !). Voici maintenant qu'au cours d'une longue marche en nature, on m'a diagnostiqué de :
- Onomastique aiguë

Il s'agit d'une maladie peu commune caractérisée par les symptômes suivants :
- Incapacité notoire de laisser sans nom tout aspect du monde perçu par le sujet atteint
- Nécessité accrue de décortiquer chacun de ces aspects
- Nécessité de former des catégories et de renforcer leurs différences par des exemples

Il existe plusieurs types d'onomastique. Il y a tout d'abord la première, l'onomastique d'apprentissage. Ce type d'onomastique comporte deux intervenants : l'apprenti et l'autorité. L'apprenti ignore le terme exact pour décrire une réalité, il se réfère donc à une autorité, vivante, de papier ou informatique (Pouvoir à Wikipédia !!) afin de se renseigner. Ce type d'onomastique fait référence à ce que l'on appelle en langage populaire : T'es curieux, ben tu tcheckes !

Ensuite, il y a l'onomastique du découvreur. Elle ne s'applique que lorsque parachuté sur un territoire inexploré, le sujet s'approprie son nouvel univers en nommant ce qui l'entoure. Elle s'applique également aux scientifiques qui découvre un phénomène ou qui brevètent leur invention. Certains sont doués pour l'onomastique du découvreur (Marie Curie-Radium), d'autres non (Christophe Colomb-Blé d'Inde).

Finalement, il y a cette affection, ce fléau : l'onomastique aiguë qui prend une place prépondérante dans mes conversations, si bien que je n'en ai plus depuis 1997. Cette affection fut découverte lorsque j'expliquais toutes les catégories de référence lente. D'ailleurs, il y a la référence lente géographique, générationnelle, de statut, hypocrite et humoristique. À poursuivre...

mercredi 1 décembre 2010

Ah ! La procrastination

Quelle meilleure manière de recommencer à écrire des articles qu'en prenant raisonnablement mes responsabilités d'adultes (pouahaha !!!) ? Je m'excuse de mon absence temporaire prolongée (face triste, lèvres tremblotantes et pieds vers l'intérieur) J'ai travaillé beaucoup et dans mes temps libres, je déploguais mon cerveau pour le brancher sur Vampires Diaries et le fait de fantasmer à longueur de journée m'empêche d'être le moindrement productive, ce que j'ai tout de même réussi à faire. Vive l'école et les exposés oraux !

Il a neigé depuis. De gros flocons ont percé le ciel et se sont déposés doucement sur mes joues. J'écoutais The Weepies en m'imaginant un baiser sous la neige. Ah ! L'absence de vie.

Premier constat : Vie Internet = pas nécessairement l'absence de vie mais l'absence de vie Internet = absence totale de battements de coeur, d'influx nerveux et de remplissages et de vidanges périodiques de vessies et d'estomac.

Deuxièment : La procrastination est un virus dangereux qui nous pousse à faire des trucs merveilleusement ennuyeux : Un casse-tête 3D, du ménage, le classement de ses films par ordre alphabétique.  En fait, n'importe qu'elle activité qui exige un début quelconque et une fin ouverte.

Mais oublions toutes ses petites réflexions sans thématique. Il faut regrouper pour survivre ou pour susciter l'intérêt.

Donc, tadam ! Chronique environnementale. Noël est en voie d'extinction !

Je sais, je sais, vous allez me dire : "Mais voyons M'zelle, de nos jours Noël commence le 1er novembre. On se fait bombarder de pubs, envahir par les Pères Noël , lobotomiser par les chansons. Le commerce s'en est emparé et Tim Burton a tout fucké  en mêlant un film d'Halloween et de Noël."

J'approuve en partie mais ce cynisme tue Noël à petit feu, de la même manière que les fées meurent lorsqu'on dit qu'on ne croie plus en elles. By the way, il faut croire, les fées sont awesomes !

Voici quelques petits conseils pour faire vivre Noël dans votre coeur (ce que c'est joliment dit) :

1) Reconnaissez les apports de la fête de Noël :

- L'occasion de profiter des soupers de famille pour vous saouler avec le porto centenaire de votre oncle.
- Le boom économique de l'utilisation du "e" trémas.
- Pouvoir mettre une tuque avec des brillants.
- Pour les filles, porter une robe. On n'a jamais assez d'occasion pour le faire.
- Acheter des cadeaux à des enfants et le soir de Noël, y jouer durant des heures pour être certain "qu'ils fonctionnent bien."
- Vous asseoir sur les genoux d'un monsieur. Ah ! L'absence de vie !

2) Préparez-vous. Il y a plusieurs étapes nécessaires à la survie de Noël dans la moiteur chaude et sanguine du coeur. En oublier une, c'est comme arracher une pétale à la rose de la Bête (pour les gens qui souffrent de référence lente, c'est dans le film de Disney) :

- Écrivez des cartes de Noël. Pas des mails de Noël, des cartes. Et oubliez vos prétentions environnementales ; les journaux, circulaires, papiers d'emballage, magazines et impressions triples de travaux longs pour les corrections dépensent beaucoup plus de papiers et font bien moins plaisir, vous êtes coupable d'au moins l'un d'entre eux. Cela vous fera revenir dans un doux passé, celui où l'on écrivait au crayon, connaissait l'adresse de ses amis et de sa famille et collait des timbres sur des enveloppes.

- Faites un sapin de Noël. Peu importe qu'il soit petit, mais il doit y avoir au moins une dose de rouge. Quelle horreur innommable que ces sculptures de sapins modernes en inox.

- Commencez à décorer dès que vous le pouvez. Fin de session, rush de travail, magasinage et heures supplémentaires aidants, vous n'aurez peut-être pas le temps à la mi-décembre. Si vous n'avez de temps libres qu'en juillet, décorez en juillet.

3) Mettez fins aux idées reçues. Voici quelques affirmations réalistes :

- Vous allez céder à la tentation du calendrier de l'Avant. Il n'est pas grave d'en acheter un deuxième.
- Vous risquez de brûler quelque chose en cuisinant. Encore plus si vous cuisinez pour les autres.
- Un des membres de votre entourage risque de ne pas aimer le cadeau que vous lui offrez. Mais il/elle vous aime pareil.
- Vous allez prendre du poids.
- Pendant la fin de session, vous rêverez de boire un coup. Sitôt la fin de session arrivée, vous serez trop épuisé pour le faire.
- Vous ne ferez jamais autant de luge/patin/ski/raquette que vous l'auriez voulu.
- Vous risquez de vous endetter. Si vous ne l'êtes pas, vous serez plus serré financièrement. Janvier se chargera de vous endetter.

4) Savourez :

- Buvez un chocolat chaud avec des guimauves.
- Mangez des tartes et cuisinez des biscuits.
- Assoyez vous près d'un foyer. Si vous n'avez aucune possibilité d'avoir accès à un foyer, achetez le DVD du feu de foyer. Kétaine à mort, mais d'une efficacité redoutable lorsque combiné avec un calorifère.
- Nous avons tous un film classique de Noël que nous écoutons à chaque année avec passion et larmes. Pour moi, c'est le Noël des Muppets. Trouvez le vôtre et enjoyez. 10 points de plus si c'est votre première activité au réveil.
- Mettez des pyjamas en flanelle. Triplez vos points en le combinant avec le film et le chocolat chaud.

Joyeux Noël ! Je vous reviens très vite avec une autre chronique. Promis, promis !

mercredi 17 novembre 2010

L'angoisse de la page blanche

Ah ! Je sais, ça fait longtemps que je n'ai pas posé mes doigts fins sur le clavier de mon ordinateur. Je m'en excuse et je profite de ces pages pour me justifier afin d'éviter d'avoir à me responsabiliser (une façon comme une autre d'éviter de gagner en maturité).

Je souffre depuis quelques temps de ce virus terrible, le Blanco paginibus ou l'angoisse de la page blanche en langue vulgaire. Il est probable que la mort récente de la blague "Ta mère" m'ait affectée plus que je ne le croyais. La tristesse a affaiblie mon système immunitaire transformant mes idées naissantes en bijoux de non-productivité. Seules quelques petites phrases sans capacité d'exploitation ont pu surgir de mon esprit :

- La mi-session me donne toujours envie de cuisiner des brownies.
- Le hoquet est vraiment une affection désagréable. Tout d'abord, le corps sursaute et le ventre se contracte si fort qu'on en développe des points de côté. De plus, tous les gens autour du "hoqueteur" se croit obligés de conseiller leurs "trucs miracles" pour s'en débarrasser. Le hoquet est vraiment un évènement stressant.
- À chaque fois que j'écoute une émission sur Mégavideo (ne me blâmez pas, je loue aussi des DVD et j'achète des séries), je sais que je ne peux pas écouter plus d'une émission, mais chaque fois, j'en commence une deuxième et après je suis frustrée de ne pas pouvoir l'écouter au complet. Je sais bien qu'il y a une limite de 72 minutes, mais j'espère toujours que, cette fois, la limite aura magiquement disparue. L'espoir rend stupide.
- C'est vraiment dur de prendre l'habitude de se passer la soie dentaire. Chaque fin de rouleau porte un coup terrible à ma motivation.

Le reste de mes pensées hebdomadaires est composé d'images diverses non-racontables. Si je vous les révèle, votre ordinateur risque de s'infester de virus. By the way, ne faites plus de tests Facebook, j'ai contracté le virus ThinkPoint deux fois de suite parce que je voulais savoir de quelle maladie mentale j'étais atteinte (probablement un excès de curiosité et une incapacité notoire à apprendre de mes erreurs).

Je sais que cette chronique a l'apparence et l'odeur d'un gros n'importe quoi. Je me guéris progressivement de la page blanche.

À bientôt, je vous promets une chronique sur un sujet "x" lorsque j'en trouverai un.

mercredi 10 novembre 2010

Les secrets du blog

Bonjour fieffés lecteurs,
                                    j'use de ce temps qui m'est imparti pour vous révéler ci-dessous quelques petits détails que vous pourriez ignorer concernant cette étrange page qui se déroule périodiquement sous vos yeux :

1- La publicité.
 Quand on commence un blog, le menu nous propose d'y intégrer quelques publicités sur notre page principale afin de recueillir, si possible, 25 cennes par mois. Puisque ma moralité est indestructible, je n'ai pas inséré de pornographie. Il n'y en avait pas pour les filles et de toutes manières, les scènes osées des films et des émissions de télévision qu'on retrouve sur Youtube font généralement l'affaire. Pour revenir à mon point, si vous cliquez sur ces publicités et que vous retournez en arrière ou que vous fermez la page, ça fait sourire Jésus ça me donne 1 cenne.

La publicité se base sur les articles afin de mieux cerner un groupe-cible de consommateur. Au début, elles étaient engagés et environnementalistes, puis elles ont porté sur l'art de parler en public, la rénovation et les cours de langues. Maintenant, vous pouvez remarquer des publicités de T-shirts comiques, je vous laisse décider si l'évolution marketing révèle l'évolution du blog.

2- Les sondages
Comme vous l'avez probablement déjà remarqué, des sondages apparaissent parfois dans la marge de droite. Ils me permettent de mieux cerner mes lecteurs et ainsi de répondre mieux à leurs besoins. Par exemple, dans le dernier sondage sur les zombies, j'ai découvert que la moitié des lecteurs étaient conservateurs et que l'autre moitié communique par borborygmes.

3- Les commentaires
J'adore vos commentaires (même ceux qui me corrigent, n'est-ce-pas LAR ?). Si vous ne désirez pas montrer votre identité, il y a une option anonyme. Pour ce qui est de l'orthographe, j'ai tendance à écrire mes articles rapidement et à me relire 2 jours après la publication. C'est personnel, je n'arrive pas à voir mes fautes sur le coup alors si vous en remarquer, ne vous gênez pas.

4- Mon identité
La majorité d'entre vous me connaissent déjà. Pour les autres, je me cache derrière mon écran par crainte du monde extérieur. Il n'est pas toujours évident d'être accepté lorsqu'on a un troisième bras, qu'il nous manque la moitié du nez et que du sang coule de nos oreilles en permanence.

Voilà ce qui s'appelle détruire son image !

5- Les vidéos
Grâce à cet outil formidable appelé des statistiques, j'ai remarqué que les vidéos étaient beaucoup moins populaires que les articles. C'est la raison pour laquelle vous en trouverez moins dans ces pages. Il demeure possible que, par manque d'inspiration ou par manque de temps, je choisisse d'en partager un.

Après ce léger partage de secrets, je vous laisse à votre autres occupations : Facebook, MSN, Youtube et la procrastination sur Wikipédia.

mercredi 3 novembre 2010

Avis de décès

C'est avec grande tristesse que je vous annonce, qu'au même moment où le froid glacial de novembre s'abat sur nous, la blague "Ta mère" nous a quitté. Elle laisse dans le deuil les blagues "Ta femme", "Ta fille", "Ton mari" et "Ta grand-mère". Les obsèques auront lieu à Brossard, le 6 novembre 2010.

La première blague est née en mai 1865 au cours d'une bataille entre un immigrant irlandais et un natif américain. Par la suite, elle a beaucoup voyagé dans la majorité des pays anglophones, notamment en Australie où elle est restée 15 ans. Sa présence chaleureuse a laissé une trace dans les mémoires des habitants de tous les endroits où elle a résidé. Dans les années 80, elle s'est réorientée vers la figuration. On peut la remarquer dans de nombreux films d'ados hollywoodiens. Sa participation active au sein des films de Judd Apatow lui a permis d'être enfin reconnue par la critique et le milieu cinématographique. En pleine gloire, elle a décidée de se tourner vers les nouveaux médias. Elle s'est notamment illustrée dans les vlogs de Community Channel. J'ai moi-même eu l'immense chance de la côtoyer et de travailler à ses côtés durant les premiers balbutiements de ce blog.

Bien que la peine que nous ressentons soit si vive, gardons dans nos coeurs le souvenir vivace de ces blagues qui ont illuminé nos journées. Faites revivre sa mémoire à tous les jours de votre vie, malgré son absence au sein de ces pages. En cette journée, aimez vous et embrassez vous, comme "votre mère" l'a été.



                                                 mai 1865 - novembre 2010

lundi 1 novembre 2010

Comment réaliser une pièce de théâtre contemporaine

Le théâtre n'est plus ce qu'il était diront les spécialistes. Mais il est désormais ouvert à tout bon néophyte, à condition bien sûr de vous affubler de grosses lunettes noires à montures éclectiques. Porter l'écharpe est un plus lorsque vous négocierez des budgets ridicules qui pourront ultimement servir à l'éclosion d'une graine de pensée en chef-d'oeuvre de notre époque capitaliste post-joie de vivre, sexualité débridée et confiance en l'avenir. Voici donc le protocole scientifique d'une expérimentation théâtrale (de nos jours, on ne crée plus, on expérimente) :

Matériel :
- Un divan
- Des léotards noirs découpés à l'endroit des parties génitales (Toute oeuvre contemporaine se doit de montrer une certaine nudité pour évoquer le dénuement de l'homme)
- Une chaîne stéréo (ne dépensez pas beaucoup pour cet item, cela permettra à l'un de vos acteurs de le jeter au sol dans un moment de transe)

La composition du texte :
Cette partie est très facile.
1- Ouvrez Microsoft Word.
2- Prenez un dictionnaire, une Bible et un livre de citations célèbres.
3- Ouvrez le dictionnaire, la Bible et le livre de citations au hasard.
4- Écrivez douze mots observés dans le dictionnaire, suivis d'une phrase de la Bible. À chaque page de texte, intégrez une citation choisie.

Les mots du dictionnaire devront être prononcés avec une intonation forte et ponctués de silences.
Ex : Fiction ! Garage ! Baobab ! Chanson ! etc.
Le sens de ces enchevêtrements est obscur, mais c'est l'effet que vous désirez procurer. Laisser la critique établir le sens de votre pièce. Je vous prédis qu'il parlera de la dénonciation d'une société en ruines dans laquelle les jeunes ne se reconnaissent plus...

Les phrases de la Bible devront être prononcées doucement, ou chantées, c'est encore mieux. Elles serviront à créer l'illusion que dans cette société désordonnée, la douceur se retrouve dans la spiritualité et les référents culturels oubliés.

Les citations serviront à vous donnez une crédibilité. Ainsi, vous vous placez en continuité avec les grands de ce monde auxquels vous faites référence. De plus, vous aurez l'air cultivé et intelligent, les gens croiront donc que s'ils n'ont pas aimer la pièce, c'est que le sens leur est obscur. Orgueil aidant, ils feront comme le peuple dans la fable des habits de l'empereur, ils prétendront avoir tout compris et avoir apprécier la pointe d'ironie et de lyrisme qui perle de votre oeuvre.
Éléments à ne pas oublier :
- La musique : Choisissez de la musique contemporaine ou kitsch. Servez vous des chansons entre les scènes. Si possible, faites dansez vos acteurs sur la musique de manière débridée. Heureusement, la grâce n'est pas nécessaire, plus les mouvements sont saccadés et étranges à la vue, mieux c'est. Lors de la dernière scène, demandez à un acteur de briser le stéréo. Cela signifiera que dans cette société qui n'arrête jamais, l'être humain dénaturé a soif de tranquilité.

- Les hurlements

- Briser le quatrième mur : À un certain moment dans la pièce, il est de bon ton que vos acteurs prennent d'assaut les couloirs et les sièges de la salle de théâtre. Provoquer une conversation avec vos spectateurs, n'hésitez pas à les toucher légérement (tapotement de la tête, légère caresse sur la joue).

Voilà tous les ingrédients nécessaires à la création d'une pièce de théâtre contemporaine. N'oubliez pas de la faire durer au moins quatre heures. Cela laisse le temps au spectateur de rêvasser et de penser à votre mère.